Ma vie

Le après crise, qu’en est-il de la situation des hôpitaux

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La crise sanitaire n’est pas finie mais on commence à faire des bilans, des constatations, à penser à l’après. Qu’en est-il pour les hôpitaux ?

Pour comparer avec d’autres milieux de travail, je me dis que la fonction publique hospitalière a de la ressource, des idées, du courage et elle peut être fière de ses agents. Les soignants se sont donnés à fond pour affronter la crise sanitaire.

Dans la matinée du 15 mai, Emmanuel Macron a fait une visite dans l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, où les médecins avaient déjà longuement témoigné de leurs conditions de travail dégradées. Face à ceux-ci, selon lesquels «un retour en arrière ne sera pas accepté» et qui insistent sur un «choc salarial», le chef de l’État a promis de «mettre fin à cette paupérisation» et est revenu sur la réforme du système de santé engagée il y a deux ans.

Depuis 1996 et les ordonnances Juppé, notre hôpital s’est transformé en entreprise. La course à la rentabilité et aux profits télescopent les réalités foncièrement humaines du soin. Alain Juppé met en place son plan pour contenir les dépenses de Sécurité Sociale. Au menu, on y décèle l’ONDAM, objectif national des dépenses de l’assurance-maladie. L’ONDAM est une limite budgétaire annuelle votée par le Parlement. Le PMSI est d’un grand secours dans l’allocation budgétaire des hôpitaux : comment injecter, dans les habitudes de soins, la notion de rentabilité d’un séjour hospitalier.
En 2002, le plan hôpital 2007 propose la T2A, ou tarification à l’activité. Désormais chaque hôpital devra classer sa patientèle dans l’un des 800 GHM (Groupe Homogène de Malades) mis à sa disposition. La Sécurité sociale paye ensuite l’hôpital pour chaque acte médical selon les barèmes de la T2A, révisé chaque année. Paradoxe de ce système certains actes comme la réanimation néonatale n’est pas « payée » à ce qu’elle coute à l’hôpital… Cherchez l’erreur…

Cerise sur le gâteau dans cette course aux profits : les directeurs hospitaliers, sans même devoir en référer à leur directoire, peuvent emprunter : « si l’Etat ne vous aide pas, demandez aux banques ». En pleine épidémie d’emprunts toxiques, ce n’est pas le meilleur geste barrière qui soit. Entre 2002 et 2013, l’endettement des hôpitaux passe de 2 à 30 milliards d’euros. Nombre d’établissements sont au bord de l’asphyxie, et la meilleure variable d’ajustement sera le personnel : entre 2010 et 2017, la productivité hospitalière bondit de 15 %, les effectifs en personnel de 2 %…

L’hôpital n’est plus géré de ce fait par les médecins chef de service avec un cadre de santé, son bras droit qui représente les soignants, il est géré par des gestionnaires. Je pense qu’une rationalisation des dépenses publiques est évidente mais là, le système marche sur la tête.

Pendant la crise, les médecins, les cadre supérieurs de santé et les cadres de santé ont repris les reines de l’hôpital. Pour les personnels hospitaliers, la crise sanitaire a prouvé la légitimité de leurs revendications passées, et la nécessité de faire passer les besoins des patients avant la logique comptable. Avant cela, les médecins chefs de service avaient démissionné de leurs fonctions administratives, fin janvier juste avant la crise.

Ces derniers jours, nombreux sont les soignants, partout en France, qui ont constaté un certain retour à l’austérité dans les couloirs de l’hôpital, alors que les patients Covid diminuent et les non-Covid affluent à nouveau. D’autant plus que les contrats accordés pour la gestion de crise arrivent à bout et ne sont pas renouvelés, médecins arrivés de l’étranger, soignants venus en renfort…

Avec la fatigue accumulée, les congés qui ne peuvent pas être pris, la deuxième vague n’est peut être celle qu’on attend… mais plutôt celle de l’effondrement de notre hôpital public…

 

3 réflexions au sujet de « Le après crise, qu’en est-il de la situation des hôpitaux »

  1. Vous avez tellement de courage? Je vous admire énormément. Peut-être que cette crise va créer des vocations, en tout cas j’espère que ce ne sera pas l’effet inverse. J’espère que l’état prendra conscience que sans vous, rien n’était possible. Courage et force !

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